Un signe de communion avec les chrétiens persécutés

Dans la nuit de Coussan, la croix se détachait sur le ciel noir, baignée d’une lumière rouge intense. La photo, prise par un paroissien ce dimanche 16 novembre, fixe un instant de prière silencieuse et de grande gravité : notre Calvaire s’est uni au mouvement international de la #redweek, porté notamment par l’AED – Aide à l’Église en Détresse, pour soutenir les chrétiens victimes de persécutions, en particulier sur le continent africain.
Loin d’être un simple effet visuel, cette illumination rouge est un acte de foi et de mémoire. Le rouge est la couleur du sang versé par le Christ sur la Croix, mais également celle des martyrs de tous les temps. En éclairant ainsi le Calvaire de Coussan, notre paroisse a voulu redire que le sacrifice du Seigneur se prolonge mystérieusement dans la souffrance de tant de disciples qui, aujourd’hui encore, paient le prix fort pour rester fidèles à l’Évangile.
La #redweek : rappeler que la persécution n’est pas du passé
Chaque année, la #redweek invite les communautés chrétiennes à illuminer en rouge églises, monuments et croix de chemin pour rendre visibles ceux qu’on voudrait faire taire. L’AED travaille sans relâche aux côtés des Églises éprouvées : reconstruction de lieux de culte détruits, aide aux familles déplacées, soutien spirituel aux prêtres, religieuses et catéchistes menacés.
En France, participer à cette initiative, c’est refuser l’indifférence. Nos frères et sœurs d’Afrique subissent violences, enlèvements, discriminations, attentats. Beaucoup ne peuvent plus se rassembler librement pour la messe, ni porter un simple signe chrétien sans danger. En illuminant notre Calvaire, nous avons voulu dire : vous n’êtes pas oubliés, nous portons avec vous la Croix du Christ.
Un calvaire rouge dans la nuit : un appel à la prière
La photographie de ce crucifix rougeoyant, dressé au milieu de l’obscurité, est presque une méditation à elle seule. La nuit évoque notre monde troublé par la guerre, la haine et le mépris de la vie. La croix, éclairée de rouge, rappelle que l’amour du Christ traverse ces ténèbres et rejoint les victimes, les exilés, les prisonniers, les familles frappées par la violence.
Devant ce Calvaire ainsi illuminé, la meilleure réponse reste la prière. Prière pour les chrétiens d’Afrique qui célèbrent l’Eucharistie sous la menace. Prière pour les pasteurs qui restent auprès de leur peuple malgré les dangers. Prière aussi pour les persécuteurs, afin que leur cœur se laisse toucher par la miséricorde de Dieu et renonce au mal.
Cette lumière rouge nous invite également à une conversion personnelle : que faisons-nous, nous-mêmes, de la liberté dont nous jouissons encore pour vivre et annoncer notre foi ? Profitons-nous de ce temps de paix relative pour approfondir l’Évangile, participer aux sacrements, éduquer nos enfants dans la foi, soutenir les œuvres d’Église ?
De la compassion à la solidarité concrète
La communion avec les chrétiens persécutés ne peut pas rester seulement émotionnelle. Elle appelle des gestes concrets. En lien avec l’AED et les initiatives proposées par le diocèse, chacun peut :
- offrir une messe, un chapelet, un temps d’adoration pour une communauté persécutée ;
- se renseigner sur la situation des Églises d’Afrique (Sahel, Nigeria, République centrafricaine, etc.) et en parler autour de soi, pour briser le silence ;
- soutenir matériellement, selon ses moyens, les projets portés par l’AED et par les missionnaires sur le terrain ;
- éduquer les plus jeunes à la liberté religieuse et au respect de la foi d’autrui.
Ainsi, la lumière rouge qui a enveloppé le Calvaire de Coussan ne restera pas un simple symbole, mais deviendra un appel durable à la charité et à la fidélité.
Une paroisse en veille auprès des plus éprouvés
En rejoignant le mouvement de la #redweek, notre paroisse s’inscrit humblement dans un vaste réseau de prière et de soutien. Ce Calvaire rouge, un soir de novembre, et ces églises éclairées dans la nuit, nous rappellent que l’Église est un seul Corps : lorsque l’un de ses membres souffre, tout le Corps est atteint.
Que cette illumination nous aide à garder vivante la mémoire de nos frères d’Afrique, et de tous les chrétiens persécutés dans le monde. Que le Christ crucifié et ressuscité, dont la Croix se dresse à Coussan, leur donne force, courage et espérance. Et que notre communauté paroissiale demeure fidèle à cette mission de veille, de prière et de solidarité, jusqu’au jour où la lumière de la paix de Dieu dissipera pour toujours les ténèbres de la violence.

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