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Chaque automne, les vitrines se remplissent de citrouilles grimaçantes, de toiles d’araignées et de crânes fluorescents. Dans le même souffle, l’Église nous appelle à célébrer la Toussaint. Deux univers se croisent, mais ne se confondent pas : d’un côté, la glorification du sombre ; de l’autre, la victoire éclatante de la lumière. Entre ces deux fêtes, c’est tout un combat spirituel qui se rejoue.

Halloween : la séduction du macabre

Halloween n’a plus grand-chose à voir avec les anciennes fêtes celtiques. Elle est devenue un divertissement mondialisé, une esthétique du frisson qui amuse les enfants et déride les adultes. Pourtant, derrière les masques de vampires et les sorts de pacotille, un message plus profond s’installe : la banalisation du mal.

On rit du diable, on joue avec la mort, on transforme la peur en marchandise. Cette légèreté apparente traduit un glissement culturel : le mal n’effraie plus, il fascine. Les symboles chrétiens — la croix, les anges, même la figure du Christ — sont souvent détournés, caricaturés, intégrés dans des films ou séries qui glorifient la magie, la vengeance, la domination.
Ce n’est pas anodin : à force de tout tourner en dérision, la culture populaire efface les repères du sacré. Le danger n’est pas dans la citrouille ou le déguisement, mais dans cette lente accoutumance à un imaginaire où les ténèbres séduisent davantage que la lumière.

« Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière et la lumière en ténèbres. »
(Isaïe 5, 20)

La Toussaint : une fête de vie et de lumière

Face à ce culte de la peur, la Toussaint nous élève. Elle nous rappelle que nous sommes faits pour la vie, non pour la mort. Le 1er novembre, l’Église honore la multitude des saints : non seulement les grands noms de l’histoire, mais aussi ces innombrables visages anonymes qui ont aimé Dieu de tout leur cœur.

Parmi eux, dix figures qui traversent les siècles :

  • Saint François d’Assise, pauvre et libre, frère de toutes les créatures.
  • Sainte Thérèse de Lisieux, qui a fait de chaque geste ordinaire un acte d’amour.
  • Saint Jean-Paul II, témoin du courage et de la miséricorde dans un monde brisé.
  • Sainte Jeanne d’Arc, humble jeune fille guidée par Dieu au secours de la France.
  • Saint Augustin, chercheur de vérité jusqu’à la conversion du cœur.
  • Sainte Marguerite-Marie Alacoque, apôtre du Sacré-Cœur de Jésus, témoin de la miséricorde divine.
  • Saint Vincent de Paul, serviteur des pauvres et miroir de la charité.
  • Sainte Bernadette Soubirous, messagère de la pureté à Lourdes.
  • Saint Joseph, protecteur silencieux, modèle de foi et de confiance.
  • Saint Padre Pio, prêtre marqué dans sa chair par la passion du Christ.
  • Sainte Claire d’Assise, lumière de pureté et de prière.

Ces vies sont des phares : elles montrent que la sainteté n’est pas réservée à quelques-uns, mais offerte à tous ceux qui laissent la grâce transformer leur quotidien.

« Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. »
(Matthieu 5, 14)

La Résurrection : cœur battant de la foi

Tout converge vers un seul mystère : la Résurrection du Christ.
Sans elle, notre foi serait vide, et la Toussaint n’aurait aucun sens. Le Christ n’a pas seulement vaincu la mort ; il l’a traversée. Il a fait de la croix, instrument de supplice, un trône de gloire. Dans la nuit du tombeau, la lumière a jailli : celle d’un amour plus fort que tout.

« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. »
(Jean 11, 25)

C’est là que se joue la différence fondamentale : Halloween célèbre la mort comme une fatalité à apprivoiser, la Toussaint proclame qu’elle a été vaincue. Le tombeau est vide. Les ténèbres ont reculé. Le monde peut encore sombrer dans la peur ou l’ironie ; la lumière, elle, continue de briller, même discrète, dans le cœur des croyants.

Choisir son camp

Aujourd’hui, la culture populaire infiltre subtilement ses codes : fascination pour la magie, relativisme du bien et du mal, héroïsation du pouvoir personnel. L’âme chrétienne ne peut rester indifférente. Il ne s’agit pas de condamner les enfants qui se déguisent, mais de leur rappeler que la vraie joie ne vient pas de la peur, mais de la lumière.

Dans nos foyers, nos écoles, nos paroisses, cette période peut devenir un témoignage : parler des saints, raconter leur courage, redonner sens à la fête de la Toussaint. On peut prier, allumer une bougie pour un défunt, ou participer à une veillée de louange. Il n’y a pas de lumière plus belle que celle qui jaillit dans la nuit.

« Ne vous laissez pas vaincre par le mal, mais soyez vainqueurs du mal par le bien. »
(Romains 12, 21)

En quelques mots

Halloween amuse un soir, mais la Toussaint éclaire toute une vie. Elle nous rappelle que la mort n’a pas le dernier mot, que le mal n’est pas tout-puissant, et que le Christ ressuscité demeure notre espérance.
Dans un monde qui flirte avec les ténèbres, la sainteté est la vraie révolution : choisir l’amour au lieu de la peur, la vie au lieu du néant, la lumière au lieu du brouillard.
Et si cette année, au lieu de creuser une citrouille, on laissait la lumière du Christ creuser nos cœurs ?


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