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Et si parler de l’Enfer nous aidait à mieux désirer le Ciel ? Dans cette méditation inspirée des paroles du Frère Paul-Adrien, découvrons ce que l’Église enseigne sur notre destinée éternelle, entre gravité et espérance.


Voir Dieu, notre but ultime

Contempler la Trinité, voir Dieu face à face : tel est le but de notre vie. C’est à la lumière de cette vocation que s’éclaire notre destinée après la mort. Si les sujets du Jugement, de la fin du monde, de la résurrection ou du purgatoire sont vastes, commençons par les deux voies éternelles : l’Enfer et le Paradis.


L’Enfer : mystère de justice et de liberté

L’existence de l’Enfer est une réalité affirmée par le Christ lui-même. Dans l’Évangile de Luc (16,19-26), la parabole du riche et de Lazare évoque deux lieux bien distincts après la mort : l’un de consolation (le sein d’Abraham), l’autre de tourment. Un abîme infranchissable sépare les deux.

Mais comment concilier l’existence de l’Enfer avec l’amour et la miséricorde de Dieu ? Le Frère Paul-Adrien emploie une image frappante : celle d’un fleuve. L’amour de Dieu coule sans cesse ; si nous nous opposons librement à ce courant, nous en subissons les conséquences. Dieu ne punit pas activement : c’est le refus persistant de son amour qui conduit à l’isolement éternel.

Selon le catéchisme de l’Église catholique, l’Enfer est réservé à ceux qui meurent en état de péché mortel sans s’être repentis, dans une obstination volontaire au mal. C’est donc un choix libre et conscient. Dieu ne prédestine personne à l’Enfer : Il désire que tous soient sauvés (1 Tm 2,4).


Une gravité porteuse d’espérance

L’Enfer est-il vide ? Jésus nous a mis suffisamment en garde pour en douter. Certains Pères de l’Église évoquent Judas, non tant pour sa trahison que pour son désespoir. Car le désespoir, c’est refuser la miséricorde.

L’enseignement de l’Église nous invite donc à la vigilance, non à la peur paralysante. Comme le dit saint Jacques : « La miséricorde triomphe du jugement » (Jc 2,13). En parler, c’est aussi rappeler que nos choix ont du poids, et que Dieu, dans sa justice, respecte notre liberté jusqu’au bout.


Le Paradis : joie éternelle dans la présence de Dieu

Si l’Enfer est la séparation d’avec Dieu, le Paradis en est la communion parfaite. Le livre de l’Apocalypse (21) décrit la Jérusalem céleste, une cité de lumière où « il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur ». Ce lieu de beauté et de paix est la demeure de Dieu avec les hommes.

Au Ciel, nous verrons Dieu face à face. Nous le connaîtrons pleinement, et cette contemplation sera une source inépuisable de joie. Nous y retrouverons aussi nos proches, les saints, et toute la famille de Dieu.


Un corps glorieux pour l’éternité

La résurrection du corps fait partie de notre foi. À l’image du Christ ressuscité, nous recevrons un corps nouveau : glorieux, agile, spirituel et incorruptible (1 Co 15). Ce corps portera peut-être les marques de notre vie terrestre, mais transfigurées dans la lumière divine.


Une éternité active et joyeuse

Au ciel, nul ennui. La contemplation de Dieu ne sera pas statique, mais vivante, intense, comme un film passionnant dont on ne voudrait jamais sortir. Le Paradis est aussi souvent comparé à un banquet : un lieu de fête, de partage et de joie profonde.

Quant aux animaux ? La tradition enseigne qu’ils n’ont pas d’âme spirituelle, mais l’Apocalypse évoque un jardin rempli de créatures. Rien ne manque à la joie du ciel, et si Dieu le veut, pourquoi pas retrouver les compagnons de notre vie terrestre ?


En conclusion : une préparation du cœur

Notre destinée éternelle n’est pas une abstraction. Elle nous concerne dès aujourd’hui. Nos choix, notre foi, notre miséricorde vécue envers les autres façonnent notre éternité.

Se préparer au ciel, c’est vivre dès maintenant comme des chrétiens authentiques et miséricordieux. C’est aimer, prier, se confesser, espérer. Et surtout, ne jamais désespérer : car la miséricorde de Dieu est plus grande que nos péchés.


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